La mort de Saül

La mort de Saül
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Nous sommes environ en 1010 avant Jésus-Christ, et ce jour-là est le dernier pour Saül, le roi d’Israël. Saül fait face à l’armée des Philistins qui attaquent son pays. Il n’a pas une armée suffisante pour affronter l’ennemi, et sait que Dieu n’est plus de son côté. Malade, schizophrène et paranoïaque, il a fait le vide autour de lui. La veille, il a touché le fond en consultant une nécromancienne, alors que la loi de Moïse interdit formellement la consultation des morts. Lors de cette séance occulte étonnante, le prophète Samuel, mort depuis quelques années, est pourtant apparu pour annoncer la débâcle d’Israël et même la mort de Saül ainsi que de ses fils.

C’est donc troublé, tourmenté et battu d’avance que Saül essaie de résister à l’attaque des Philistins. Sur le mont Guilboa, la bataille fait rage, mais les Philistins écrasent tout sur leur passage. Jonathan, le fils de Saül, tombe, tout comme ses deux autres frères. Les Philistins cherchent à abattre le roi, et lorsque ce dernier se voit totalement encerclé, il demande à son écuyer : « Tue-moi ! Je ne veux pas tomber vivant entre les mains de mes ennemis ! » Mais l’écuyer refuse de tuer son maître. Alors, Saül prend son épée et se fait harakiri en se transperçant lui-même. Lorsque l’écuyer constate le suicide de son roi, il en fait autant.

La victoire des Philistins est totale. Parmi les cadavres, on recherche les corps du roi et de ses fils. Les corps sont alors décapités et leurs dépouilles sont exposées, suspendues à la muraille de Beth-Chéan, au bord du Jourdain. Les trophées de guerre sont déposés dans le temple des Philistins, dédié à la déesse Astarté. La terreur s’empare de tout Israël. Quelques Israélites courageux de Jabesh, dans la région de Galaad, décident de récupérer en pleine nuit les cadavres du roi et de ses trois fils. Parvenus dans leur ville, ils brûlent ces dépouilles et les enterrent avant de porter le deuil.

Ainsi se termine, de manière tragique et humiliante, violente et lamentable, la vie du premier roi d’Israël, celui que le peuple avait réclamé, celui que Samuel avait consacré au nom de l’Éternel. Il ne reste rien de lui, et c’est toute sa descendance qui, en quelques mois, disparaît totalement. Lorsque David apprend la nouvelle, il est doublement dévasté. La mort de Saül, même si le roi a été une menace pour lui, l’afflige beaucoup. Et puis, il y a la mort de son ami Jonathan. Cette perte le bouleverse et l’entraîne dans une profonde tristesse.
David, le musicien, le poète, et bientôt le nouveau roi, rédige une complainte et un éloge funèbre très touchants en mémoire de Jonathan, qu’il pleure longtemps.
(1 Samuel 30)