David, le dépressif !
David a failli perdre son trône. C’était vers 970 avant Jésus-Christ. Il subit un coup d’état fomenté par l’un de ses fils aînés, Absalom. Mais une coalition s’est formée pour défendre David et finalement, les rebelles sont écrasés par l’armée du roi. Absalom est même tué par Joab, le chef de l’armée, mais aussi le neveu du roi. Lorsque David apprend la mort de son fils, il en est bouleversé. Il avait donné des ordres : « Oui, il faut battre Absalom et réduire son action à néant, mais il ne faut pas le tuer. Tout juste le faire prisonnier ». Joab n’obéit pas à cette consigne et tue sans hésiter Absalom qui était à sa merci. David est effondré ! Même si Absalom s’est rebellé contre lui, il ne peut s’empêcher d’être dans une peine profonde. Lui qui avait repris de la vigueur en voyant des milliers d’hommes se rallier à sa cause pour reprendre le pouvoir, le voilà en pleine dépression. Il n’est plus que l’ombre de lui-même. C’est alors que Joab, le neveu, le chef de l’armée, mais aussi celui qui a tué Absalom malgré les ordres du roi, se présente à David et le secoue, non physiquement mais verbalement. À ce niveau de l’histoire, on trouve dans la Bible le sermon – parce que oui, David se fait sermonner – on trouve donc les reproches de Joab. Écoutez : « En pleurant comme tu le fais, tu couvres de honte tes soldats, ceux qui sauvent ton trône, mais aussi tes gens, tes épouses, tes fils et tes filles ! Tu pleures le traître et tu n’honore pas ceux qui te sont fidèles. Si nous étions tous morts et qu’Absalom soit toujours vivant, tu trouverais que c’est mieux ! Ressaisis-toi et va féliciter ceux qui se sont battus pour toi, sinon ils vont tous t’abandonner et ton sort sera pire que tout ce que tu as pu connaître jusqu’ici ! » Ces propos, pour ne pas dire ces remontrances, produisent leur effet sur le roi David qui, enfin, sors de sa torpeur et de sa tristesse pour saluer et remercier son armée et tous ceux qui s’étaient ralliés à lui. Les hommes de l’armée rebelle qui, venaient d’un peu partout et qui avaient suivi Absalom dans sa rébellion – en tout cas ceux qui avaient échappé à la bataille, laquelle avait fait dans les rangs, 20000 morts – ces rescapés donc retournèrent chez eux, pas très fiers de leur conduite. Partout, on se mit à raconter ce qui s’était passé et beaucoup craignirent la riposte de David contre les traîtres. On murmurait dans tout le pays : « Souvenez-vous, le roi David nous avait délivré des Philistins. C’est lui qui a dû fuir Jérusalem à cause d’Absalom. Or, Absalom est mort. Il faut maintenant que David retrouve son trône et son autorité. » C’est ce qui va arriver, mais pour beaucoup, le risque est grand. Et si le roi se mettait à régler ses comptes






