Au pieu
La prophétesse Déborah ordonne à Barak, un petit guerrier dont le courage est bien limité, d’aller combattre le général Sissera dont l’armée opprime les Israélites.
Cela se passe il y a près de 3000 ans, dans la région de Béthel. Cela faisait 20 ans que les descendants de Jacob subissaient le roi de Canaan de l’époque, un certain Jabin. L’armée de Jabin était donc sous les ordres du général Sissera. Cette armée était puissante, notamment grâce à ses 900 chars de fer, ancêtres des chars d’assaut. Barak, poussé par Déborah et avec son aide, parvient à rassembler une armée de 10 000 hommes pour attaquer celle de Sissera. Les hommes de Barak ne sont pas vraiment des soldats : ce sont des volontaires de plusieurs tribus, fatigués d’être sous la coupe du roi de Canaan. Les deux armées vont s’affronter du côté du mont Tabor.
Or, durant la bataille, les redoutables chars de fer s’embourbent dans le lit du torrent qui était sec, mais qui s’est brusquement transformé en rivière tumultueuse, grossi par une pluie violente suscitée par Dieu lui-même. La supériorité des forces en présence change de camp. Les tribus d’Israël écrasent, grâce à Dieu, l’armée de Jabin dont le général Sissera s’enfuit à pied tandis que ses soldats se font massacrer. Sissera parvient à un endroit où il pense avoir des alliés. Il arrive à pied, épuisé et humilié, chez un certain Hébert le Kénien, un ami.
Il est accueilli par la femme de cet ami, qui se nomme Jaël. Se croyant en sécurité, le général s’effondre, mort de fatigue, dans la tente d’Hébert. Jaël feint de le protéger : « Reste ici ! Cache-toi sous cette couverture ! » Elle lui offre même à boire du lait frais. Sissera s’endort. C’est alors que Jaël s’empare d’un solide pieu de tente et… attention, âme sensible… elle prend un marteau, s’approche doucement du général endormi et, d’un seul coup, lui enfonce le pieu dans la tempe, avec une telle force que le pauvre homme meurt cloué au sol.
Arrive Barak, qui était à la poursuite de son ennemi. Jaël l’invite à constater la mort du général. Déborah avait dit à Barak que ce dernier ne pourrait pas se vanter d’avoir débarrassé Israël du général cananéen parce que – je cite – : « C’est entre les mains d’une femme que l’Éternel livrerait ce scélérat de Sissera. »
Voilà une bien étrange histoire, n’est-ce pas ! Ce n’est pas vraiment celle que l’on va lire à son enfant le soir, au coin du lit !
Quand vous aurez été assez malade pour dire que vous êtes resté « cloué au lit », souvenez-vous de Sissera et de Jaël.
(Juges 4)






