L’invitée du jour — Ennaloël Mateo-Espada lève le voile sur la véritable nature des punaises !
Elle s’invite dans nos maisons à l’automne, parfois en masse. Les punaises, dites diaboliques, intriguent autant qu’elles inquiètent. Mais sont-elles vraiment dangereuses ? Et puis, comment les distinguer des punaises de lit, bien plus redoutées ?
Pour y voir clair aujourd’hui, j’invite Ennaloël Mateo-Espada, entomologiste à l’OPIE, l’Office pour les insectes et leur environnement.
La punaise diabolique désigne une espèce bien précise, dont le nom, à la connotation inquiétante, suscite interrogations et débats. Ce surnom, souvent jugé excessif, pourrait être remplacé par une appellation plus neutre et descriptive, comme « punaise de culture », afin de mieux refléter son comportement phytophage. Sur le plan visuel, elle se distingue nettement de la punaise de lit par sa taille plus imposante et sa coloration brunâtre, contrairement à la petite taille et aux teintes brun-rouge de sa cousine hématophage. La punaise de lit est souvent présentée comme une espèce dangereuse pour l’homme. Il convient d’examiner si cette réputation est fondée et de déterminer si elle est la seule parmi les punaises à présenter un tel risque. Si la punaise de lit ne transmet pas de maladies, son impact psychologique sur les personnes touchées reste bien réel, renforçant la nécessité de mieux comprendre et nommer ces insectes pour favoriser une approche plus rationnelle et informée.
La punaise diabolique, Halyomorpha halys, est une grande espèce venue d’Asie, arrivée en France en 2012, qui se nourrit de nombreuses plantes, y compris les arbres fruitiers. Elle est totalement inoffensive pour l’humain, même si elle peut poser problème aux agriculteurs en raison de son appétit végétal. Contrairement à elle, la punaise de lit est hématophage, adaptée à l’homme, et provoque des démangeaisons, mais sans transmettre de maladies. Et même si elle n’est pas dangereuse sur le plan sanitaire, son intrusion dans nos maisons peut générer un vrai stress psychologique.
La diversité des punaises révèle des comportements fascinants, notamment en matière de soins parentaux, que l’on croyait réservés aux humains. Certaines espèces pondent leurs œufs sur le dos d’autres individus, permettant une protection collective et une fuite rapide en cas de danger. Parmi les espèces évoquées, la punaise dite « diabolique », désormais renommée « punaise de culture », et la punaise de lit, soulèvent des enjeux différents, notamment en matière de traitement et de cohabitation. Tandis que certaines punaises sont inoffensives et même utiles à l’écosystème, il devient essentiel de réfléchir à leur préservation et à notre rapport global aux insectes, en cultivant la connaissance plutôt que la peur.
Les punaises dont on parle le plus ne représentent qu’une infime partie des 1 400 espèces présentes en France, qui sont pour la plupart inoffensives et très variées dans leurs modes de vie. Certaines nagent, marchent sur l’eau, et même prennent soin de leurs petits, comme cette espèce surnommée « la punaise aux œufs d’or » qui pond sur le dos de ses congénères pour mieux protéger sa progéniture. Les punaises diaboliques ne posent aucun danger : on peut simplement les sortir avec un verre si leur présence gêne, tandis que la punaise de lit, elle, nécessite un traitement rigoureux sans produits nocifs. Et au fond, il faut apprendre à mieux connaître les insectes pour les apprécier, car ils sont fascinants et essentiels à notre équilibre naturel.










