Ruth 5 (fin)
Nous sommes à Bethléem, environ 1600 ans avant Jésus-Christ. Une jeune veuve nommée Ruth, d’origine moabite, vit avec sa belle-mère, elle aussi veuve. Pour sortir de la misère et trouver une place dans la société, Ruth envisage d’épouser un vieil homme nommé Booz. Booz est un parent éloigné du beau-père de Ruth, et donc de son mari, mort sans lui avoir laissé d’enfant.
Il existe une loi juive, une loi de Moïse, appelée le lévirat. Cette loi stipule que si un homme laisse une veuve sans enfant, un proche parent peut avoir un enfant avec cette veuve, et cet enfant sera considéré comme un descendant, comme héritier du défunt. Ruth et sa belle-mère, Noémie, tombent également sous une autre loi : la loi du rachat. Dans les mêmes conditions, un parent est prioritaire pour racheter ce qui appartenait au défunt. Or, Élimélec, le mari de Noémie, a laissé une terre qu’un parent peut racheter.
Noémie pousse Ruth à se rapprocher de Booz afin que ce riche propriétaire rachète la terre d’Élimélec, son défunt mari, et qu’il épouse Ruth pour lui accorder une descendance. Booz n’est pas contre, mais il se trouve que c’est un parent éloigné, et il existe un autre parent plus proche, qui a la priorité dans ce type de transaction. Car c’est bien d’une transaction qu’il s’agit. Booz interpelle ce parent, dont étrangement, le livre biblique ne mentionne jamais le nom et qui est désigné simplement par « Untel ».
Untel est très intéressé par le rachat des terres d’Élimélec et donne son accord. Booz précise cependant : « Si tu veux racheter ces terrains, sache qu’il y a quelqu’un lié à cela ; c’est Ruth, l’étrangère, la Moabite. Il te faut aussi l’épouser ! » À ces mots, Untel décline l’offre. Il ne veut pas donner à Ruth une descendance, de crainte de devoir morceler son propre patrimoine. Untel libère alors la place, si j’ose dire, en ajoutant : « Si tu veux exercer le droit de rachat, je te l’abandonne volontiers. Moi, je me retire de cette affaire ! »
Booz se tourne alors vers les Anciens de la ville et vers les témoins qu’il avait convoqués, et déclare devant tous : « Vous voyez qu’Untel renonce, mais moi je m’engage pour Ruth, pour Noémie et pour les terres de mon cousin Élimélec ! » Les Anciens entérinent en disant : « Que le Seigneur accorde à la femme qui entre dans ta maison d’être comme Rachel et Léa, qui ont donné naissance au peuple d’Israël. »
Booz épouse donc Ruth, qui, quelques temps plus tard, donne naissance non pas à douze garçons comme les douze tribus d’Israël, mais à un seul. On donne à l’enfant le nom d’Obed, qui, à son tour, donnera naissance à Jessé. Jessé sera le père d’un certain David, le grand roi d’Israël. Ainsi, l’arrière-grand-mère du célèbre David était une étrangère, une Moabite. On la retrouve donc dans la généalogie de Jésus.
Sacrée Ruth !






