Ruth 3
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Il y a environ 3000 ans, deux femmes veuves arrivent à Bethléem après un long voyage. L’une de ces veuves est plutôt âgée, tandis que l’autre est encore jeune. La première se nomme Noémie, et la seconde, Ruth. Noémie revient à Bethléem après plus de dix ans d’absence. Elle a vécu, avec son mari et ses deux fils, dans le pays de Moab, mais son mari, tout comme ses fils, sont mort. L’un de ses garçons avait épousé Ruth, la Moabite, et il est décédé prématurément, sans lui laisser d’enfant.

Les voici donc, ces deux femmes, toutes deux vêtues de deuil. Les habitantes de Bethléem reconnaissent Noémie : « Mais c’est Noémie, l’épouse d’Élimélec ! La voilà de retour ! » Cependant, Noémie répond : « Arrêtez de m’appeler Noémie – ce qui signifie ‘la gracieuse’ – je ne suis plus que Mara, l’affligée ! » Elle précise alors : « Je suis partie les mains pleines et le Seigneur me fait revenir les mains vides ! » D’une certaine manière, elle accable Dieu, le rendant responsable de ses malheurs.

Noémie retrouve-t-elle sa maison ? Peut-être. En tout cas, les deux femmes s’installent quelque part, et comme c’est le temps des moissons, Ruth propose à sa belle-mère d’aller derrière les moissonneurs pour glaner quelques épis pour leur consommation.

Depuis Moïse, il existe en effet une loi stipulant que les moissonneurs doivent laisser intentionnellement des épis de céréales dans les champs et sur les bords pour que les pauvres puissent en bénéficier. Ruth, la Moabite, devient ainsi Ruth la glaneuse. Elle trouve un champ où les moissonneurs travaillent et se met à glaner. Ce qu’elle ne sait pas, c’est que le champ où elle est appartient à un certain Booz. Or, Booz est un parent éloigné d’Élimélec, autrement dit, un parent de l’époux défunt de Noémie. Comme le hasard fait bien les choses, surtout pour la suite !

Durant la journée, Booz vient voir comment ses ouvriers travaillent et remarque la silhouette courbée d’une femme en bordure du champ. Il demande à son contremaître : « Qui est cette femme ? » Le contremaître répond : « C’est la jeune Moabite, celle qui est revenue avec Noémie. C’est sa belle-fille. Elle nous a demandé la permission de glaner et, depuis ce matin, elle ne s’est pas arrêtée. » Booz, propriétaire âgé et sympathique, va la rejoindre et la salue. Il lui conseille de rester dans son champ et de ne pas s’éloigner des moissonneurs, à qui il a recommandé de veiller sur elle. Il lui propose même d’aller boire là où les ouvriers ont leurs réserves d’eau.

Ruth est impressionnée par la bienveillance de cet homme. Tout en exprimant sa gratitude, elle lui demande pourquoi tant de sollicitude à l’égard d’une étrangère, d’une Moabite de surcroît. Booz lui répond : « Je me suis renseigné et je connais ton histoire. Je sais qu’à la mort de ton mari, tu as pris soin de Noémie, ta belle-mère, jusqu’à quitter ton pays pour ne pas l’abandonner. Alors, que le Seigneur te récompense pour ton attitude et ta loyauté. Que le Seigneur, le Dieu d’Israël, te bénisse, puisque c’est sous ses ailes que tu es venue chercher refuge ! »

Quelle magnifique parole à l’égard d’une réfugiée, vous ne trouvez pas ?