L’invité du jour — Franck Meyer décrypte le programme EVARS : vie affective et sexuelle à l’école
Depuis septembre 2025, un nouveau programme d’éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle est mis en œuvre dans les écoles, collèges et lycées. Ce programme, EVAR à l’école maternelle et primaire et EVARS au secondaire, vise à promouvoir des relations respectueuses, prévenir les violences et sensibiliser au consentement. Éclairage avec Franck Meyer, président du CPDH, le Comité protestant pour la dignité humaine. Inscrite dans la loi depuis plus de vingt ans, l’éducation à la sexualité repose sur trois axes : se connaître, rencontrer les autres et trouver sa place dans la société.
La loi du 4 juillet 2001, adoptée pour répondre à la hausse des demandes d’interruption volontaire de grossesse, a instauré depuis 24 ans une obligation d’information et d’éducation à la sexualité dans les écoles, collèges et lycées, notamment sur la contraception et la sexualité. Ce programme a ensuite été révisé suite à un rapport sénatorial publié en 2022 sur la pornographie, révélant la forte exposition des mineurs aux images pornographiques. Ces programmes d’éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle ont donc été mis en place pour répondre à ces deux problématiques.
Le programme EVAR d’éducation à la vie affective et relationnelle concerne le premier degré, c’est-à-dire de la maternelle au CM2. Les objectifs sont variés parce qu’ils se déclinent en fonction de l’âge des enfants. Par exemple, on demande aux élèves de CP d’observer les ressemblances et différences physiques entre filles et garçons, tandis qu’au CE1 ils réfléchissent aux différentes manières d’exprimer la confiance, le respect et la compréhension. L’éducation à la sexualité débute au collège, dès la sixième et surtout à partir de la cinquième.
Ces programmes soulèvent des questions sur la manière dont l’école aborde l’intime, le corps et les relations. Certains parents et enseignants expriment des inquiétudes quant à ces enseignements sur le consentement, les relations interpersonnelles, la santé sexuelle ou encore les questions de genre.
Dès 4 ans, le programme scolaire prévoit une réflexion sur les différentes formes d’organisation familiale : monoparentalité, pluriparentalité, polygamie… On pense que l’école quitte là le terrain de la neutralité, qui est normalement prévu. Il faut également souligner que les parents ne sont jamais mentionnés dans ces programmes, alors même que l’autorité parentale leur appartient, pour éduquer les enfants jusqu’à la majorité, les protéger dans leur sécurité, dans leur santé et aussi leur moralité. Cela pose question.
La notion de liberté est centrale dans le programme. Il a notamment pour objectif d’aider les lycéens à “trouver sa place dans la société, y être libre et responsable”.
Dès la cinquième, l’éducation à la sexualité ne se limite plus à l’intimité, mais aborde aussi la liberté de choix, notamment sur le fait d’avoir ou non une relation sexuelle et sur le consentement. Au lycée, ces réflexions s’approfondissent avec la différenciation entre sexe, genre et orientation sexuelle. La question de la neutralité de l’école se pose à nouveau. Est-ce qu’on n’est pas là sur un terrain idéologique, celui de ce qu’on appelait l’idéologie du genre ?
Par volonté d’encourager les enfants à la liberté, on passe totalement sous silence l’importance d’une relation aimante durable, ce qu’on appelle la fidélité. Ce mot existe dans la loi française. L’article 212 du Code civil rappelle que pour le mariage, les époux se doivent mutuellement le secours, l’assistance, et aussi la fidélité. Pourtant, ce sujet n’est abordé à aucun moment.
Les enseignants doivent se former eux-mêmes à ce programme via un parcours d’autoformation, et intégrer ces séances dans un emploi du temps déjà très chargé, sans heures dédiées.
Les syndicats ont dénoncé le caractère pléthorique de ces programmes, car à chaque niveau, les trois séances spécifiques doivent couvrir tous les objectifs, notions et compétences. Les enseignants sont donc un peu dépourvus, d’autant plus que le ministère de l’Éducation nationale prévoit des formations et des supports pédagogiques, dont les écoles ne disposent pas encore à ce jour.
Si les parents ne sont pas mentionnés dans ces programmes, ils tiennent malgré tout une place essentielle dans l’éducation de leurs enfants.
Il faut absolument que les parents se saisissent de ces programmes, en en prenant connaissance. Ensuite, il faut avoir toujours un dialogue ouvert avec son enfant, il faut savoir l’écouter. Je ne saurais trop conseiller aux parents d’aborder les sujets qui sont déjà inscrits dans les points de ces programmes. Les associations familiales protestantes, le CPDH, mais aussi les associations familiales catholiques ont d’ores et déjà mis en ligne des ressources à leur disposition.










