Déborah
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En ce temps-là, c’était aux environs de l’an 1100 avant Jésus-Christ, une femme fait parler d’elle. C’est à la fois une prophétesse et un juge, un leader et une guerrière. Une femme assez extraordinaire, du nom de Deborah ; son nom signifie « abeille » et cette abeille-là peut être très piquante. Elle observe la situation de son pays et ce n’est pas très brillant.

Elle vit dans une belle vallée où passe une route qui va vers la mer ; c’est donc une route passante et qui suscite la convoitise de ceux qui savent que maîtriser les voies de communication, c’est aussi maîtriser le commerce. Deborah est une femme pleine de sagesse et on vient de loin pour la consulter. On sait que Dieu lui parle. Cependant, ce n’est pas parce que l’on est très spirituel comme elle peut l’être, que l’on s’éloigne des choses du quotidien.

Déborah est, comme tous les Israélites de sa région, assujettie à un ennemi du nom de Sissera. Sissera, roi cananéen, impose son pouvoir et il arrive qu’à un moment, exacerbée par la situation, Deborah trouve que trop c’est trop. Mais que peut faire une femme dans ce genre de circonstances ? Elle décide d’aller voir un certain Barak, chef d’une tribu voisine et homme de guerre. Elle le pousse à prendre les armes et à se révolter contre Sissera. Barak, qui semble avoir déjà été victime de l’armée cananéenne, hésite beaucoup.

Il ne semble ni prêt, ni courageux. Mais Déborah insiste : c’est au nom de Dieu qu’elle veut le réveiller de sa torpeur pour attaquer Sissera et son armée. Si Barack hésite, c’est parce qu’il sait que son ennemi dispose de vaillants soldats et d’environ un millier de chars de guerre. Sous la pression de l’énergique Deborah, Barak accepte finalement de prendre les armes et de recruter des hommes à une condition : que Deborah soit à ses côtés dans la bataille. Il veut s’assurer de la présence « porte-bonheur » de celle qui est l’envoyée de Dieu. Deborah accepte ce rôle tout en lui disant : « J’irai avec toi, mais tu n’auras aucune gloire sur le chemin où tu t’engages ; car c’est entre les mains d’une femme que l’Éternel Dieu livrera Sissera. »

Grâce à l’intervention de plusieurs tribus, Barak rassemble près de 10 000 hommes qui marchent vaillamment contre l’armée du cananéen. L’armée de Sissera est rapidement mise en déroute alors que ses chars s’empêtrent dans les eaux du torrent rendu fou par une pluie diluvienne, totalement imprévue. Le texte biblique signale sobrement : « l’Éternel mit en échec Sissera, tous les chars et tout le camp, et les livra à l’épée de Barak. Sissera descendit de son char et s’enfuit à pied. Toute son armée fut décimée et la victoire de Barack éclatante. De Barack, mais aussi de Deborah.