L’invitée du jour — Léa Jamet et ses conseils en cas d’accidents de la route en Allemagne
Un accident de la route est toujours un moment très stressant, mais quand il survient à l’étranger, comme en Allemagne, les démarches peuvent vite devenir floues. Constat à l’amiable, police, assurance : quels sont les bons réflexes à adopter ? Alors, pour nous éclairer, je reçois aujourd’hui Léa Jamet, spécialiste des droits des consommateurs au Centre européen de la consommation.
Le constat à l’amiable français soulève la question de sa validité lorsqu’un accident survient en Allemagne. La pratique de le remplir systématiquement reste au cœur des démarches en cas de collision. Outre-Rhin, la tendance à appeler la police semble bien ancrée, et l’on s’interroge sur le caractère obligatoire de cette intervention ainsi que sur les situations où elle devient réellement indispensable. Sur le terrain, certains réflexes s’imposent : immortaliser la scène par des photos, vérifier la présence de témoins, recueillir leurs coordonnées… autant d’actions essentielles à ne pas négliger.
“Même si on parle souvent du constat français, il faut savoir que c’est un document européen, identique en France comme en Allemagne. En cas d’accident en Allemagne, il est essentiel de bien remplir ce constat : date, heure, lieu, coordonnées et assurance de la partie adverse, sans oublier les photos et les témoins. Les Allemands ont l’habitude d’appeler la police, mais il ne faut pas s’inquiéter : leur procès-verbal sert uniquement aux assurances pour établir les responsabilités. Enfin, restez sur place, laissez la partie adverse appeler la police, et prenez toutes les informations nécessaires, y compris la petite carte d’assurance que les cyclistes allemands possèdent souvent.”
Une fois de retour chez soi, la déclaration de l’accident à l’assurance s’impose dans des délais précis. Lorsque l’assureur français ne dispose pas de correspondant en Allemagne, la question de la gestion des échanges avec l’assureur local se pose directement au conducteur. Du côté de la partie adverse, l’indemnisation proposée par son assurance peut parfois sembler insuffisante, voire inexistante, ce qui soulève la possibilité de la refuser et interroge sur l’équité réelle de ces offres. Enfin, traverser l’Allemagne au volant nécessite des précautions : des conseils avisés s’imposent pour éviter les mauvaises surprises en cas d’accident.
“Pour un automobiliste français, il est crucial de prévenir son assurance dans les 5 jours et de fournir le constat amiable pour expliquer ce qui s’est passé. En cas d’accident transfrontalier, si l’assurance adverse n’a pas de correspondant en France, il faudra la contacter directement, d’où l’importance de récupérer la petite carte d’assurance allemande. Si l’indemnisation proposée ne convient pas, il existe des recours : médiation des assurances allemandes ou aide du Centre Européen de la Consommation, notamment pour les démarches et la langue. Enfin, gardez toujours un constat européen ou, à défaut, de quoi noter les infos et faire un croquis, et n’ayez aucune crainte si la police intervient, c’est normal en Allemagne.”








